LA REVUE DU GOLFE DE
SAINT-TROPEZ

Pays des Maures

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---H I S T O R I Q U E---

"Le port de Saint-Tropez"

  Il y a cent ans, Saint-Tropez était un petit port de pêche et de commerce qui vivait loin des turbulences des temps modernes. Ses quais ne comptaient ni cafés ni restaurants mais abritaient des caves et des ateliers aux métiers quasiment disparus. Des Tartanes en bois filaient dans les eaux calmes du port et les pêcheurs ramenaient chaque jour de quoi nourrir leur famille et survivre. Loin, très loin des yachts en polystyrène reliés aujourd'hui sur Internet...

Pêcheurs, marins au long court ou paysans..

Il régnait en ce temps-là sur le port une atmosphère assez singulière. Saint-Tropez avait une grande activité maritime et commerciale puisque tous les transports de matériaux et de marchandises s'effectuaient par mer à l'aide de caboteurs et de tartanes.

Plusieurs corps de métier se côtoyaient chaque jour dans un grand brouhaha au milieu d'odeurs et de vapeurs fortes où se mêlaient à celle du crottin de cheval des bouffées de poix chaudes et de résines, des émanations de goudrons et de forges, des relents de peinture et des fumets de poisson ! Il n'était pas rare de voir sur l'actuel quai d'Estienne d'Orves des bateaux en carène tant les chantiers navals de Saint-Tropez étaient réputés.

Certains capitaines et armateurs venaient même de très loin pour faire construire leur navire, non seulement des pointus mais aussi des bricks ou des goélettes. Seule la profondeur du port empêchait d'en fabriquer des plus gros ! En 1860, sortit des ateliers de Saint-Tropez "La Reine des Anges", un fameux trois-mâts de 740 tonneaux, fleuron de la Marine Marchande. Les tropéziens étaient pêcheurs, marins au long court ou paysans. L'un d'entre eux, navigateur et commerçant, ouvrit le premier Comptoir français à Madagascar...

 

Les travaux sont terminés. Du moins suspendus jusqu'à la prochaine tranche ! Plusieurs caissons d'une centaine de tonnes chacun ont été immergés sur le port. Aujourd'hui ses équipements électroniques de haute précision vont permettre aux bateaux à quai de se fournir plus facilement en électricité et en eau potable, d'avoir accès aux réseaux de téléphonie, de télévision par satellite et d'alarme antivol.
Un équipement ultramoderne prévoit dorénavant le siphonnage automatiques des eaux usées, le tout relié à une centrale, gérée par ordinateur depuis la Capitainerie. A quelques heures de l'an 2000, ces équipements font de Saint-Tropez le port le plus moderne de la Côte d'Azur, devant Cannes, Antibes et Monaco !
En cent ans, quelle révolution !

 

 



 

Des odeurs et des hommes

Sous le ciel paisible de la Provence, les quais en terre battue étaient encombrés en permanence de bois pour les charpentiers, de tas de sable, de barriques de vin, de futailles et de caisses bâchées prêtes à être chargées. Les chevaux tentaient de se faufiler dans ces entrelacs. Comme ces métiers étaient avant tout manuels, on peut imaginer que les gars, payés à la tâche, étaient plutôt costaux, que leur voix forte devait servir un patois provençal sans nuances et que leur caractère avait été trempé dans l'eau salée.

Les uns sciaient à tour de main toute la sainte journée. D'autres chargeaient l'eau dans des chaudrons pour travailler le bois coupé. Les calfats coulaient l'étoupe enduite de poix chaude entre les bordés des coques. Là, les forgerons travaillaient à la confection de tonneaux et de poulies, des cordiers préparaient le chanvre pour les cordages tandis que les voiliers cousaient des ris sur de larges bandes de tissus... Les charretiers livraient. Les quais sentaient le bois, les copeaux, la sciure, le liège, les étoffes, l'huile chaude... Les hommes portaient casquette et velours de travail et les femmes en robe épaisse raccommodaient les filets au soleil de La Ponche ! C'était il y a cent ans, loin, très loin, oui, des yachts en plastique. Et déjà, depuis 1866, le Bailli de Suffren jetait sur ce petit monde le sourire de sa bonne protection.

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