| - PORT-CROS -
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| Article "Mer & Littoral"
(Texte: Céline Clément | Photos: Ph. Lombard) |
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CAP
SUR PORT CROS...
Écrin de nature ? Paradis ? Havre de paix ? Merveilles du
monde sous-marin ? Nature à l’état sauvage ?
Bon, on vous laisse choisir le meilleur qualificatif, nous, on trouve
pas… Nous arrivons au Parc
National de Port-Cros où l’on sait ce que gestion de
l’environnement veut dire. Port-Cros ? Une île aux multiples
facettes.
Tout d'abord, sachez que le Parc National de Port-Cros est le
premier parc marin créé en Europe (en 1963), belle initiative
qui, aujourd'hui seulement, tend à s'étendre, notamment
en Mer d'Iroise.
Ces 675 ha de terres et ses 1800 ha de mer sont réservés
à Dame Nature … et au public "écocitoyen",
comme on dit aujourd'hui.
Mais, gérer, c'est aussi quelques contraintes...
Par exemple, afin de permettre la circulation du public sans trop de
dégâts, le site est nécessairement soumis à
quelques interdictions.
En effet, la réglementation marine prévoit qu'au nord
de l'île, de la pointe du Moulin à la pointe de la Galère,
le mouillage est interdit ainsi que sur une partie de Bagaud et en zone
sud et est de la Gabinière.
En baie de Port-Cros,
le mouillage propre (sans rejet d'effluents) est seul autorisé.
La préservation du milieu naturel passe aussi par ces mesures,
un peu draconiennes certes, mais efficaces.
D'autres activités sont également soumises à
réglementation.
La pêche de loisir est interdite dans une bande de 50 m des côtes
en zone nord et ouest de Port-Cros. Cette interdiction est portée
à 600 m en zone est et sud de l'île. Quant à la
pêche à pied, elle est interdite sur l'ensemble du parc,
de même que la pêche sous-marine.
On vous autorise donc à regarder, et c'est déjà
pas si mal…
Pour la plongée d'observation, une action partenariale est engagée
depuis plusieurs années avec les établissements de plongée
pour développer des comportements respectueux du milieu marin
et mieux organiser l'accueil et la fréquentation.
Il s'agit de susciter un comportement plus sage et de profiter d'un
site dont on sait que nombre d'entre nous n'ont pas ce privilège.
Les mérous m'attendent et mon rédac'chef m'a promis
de m'y emmener bientôt...
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LES MERVEILLES DE L'ILE
DE PORT CROS ...
Allez, on va dire que cela se déguste, tellement c’est
beau. Faut pas seulement s’y promener mais je dirais plutôt
qu’il faut s’imprégner de l’île, la vivre,
la sentir. Suivez-nous un peu, on part se ressourcer.
PORT CROS COTE TERRE
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Une trentaine de kilomètres de sentiers ont été
aménagés rien que pour vous. Vous découvrirez
les différents stades de développement de la flore, du
maquis bas (Ciste de Montpellier et bruyère arborescente), à
la yeuseraie (forêt de chêne vert).
Le sentier des Plantes, notamment, vous amènera à
observer les différentes successions végétales
grâce à 17 stations matérialisées par des
panneaux explicatifs. Il est des espèces qu'il ne faut pas manquer…
La barbe de Jupiter, le fleuron de la végétation
de l'île, est une espèce endémique de Méditerranée
occidentale et dont l'extension est limitée par le développement
du taillis de chêne vert et la fréquentation des sentiers
littoraux.
Mais, il y a aussi des espèces telles l'herbe à chats,
protégée et caractérisée par une forte
odeur qui "exerce une telle attraction sur les chats qu'ils la
détruisent en se roulant dessus dans une sorte d'ivresse"
(Jahandiez, 1929). Cela, ça ne s’invente pas.
D'autres phénomènes naturels, assez étonnants,
sont le témoin de l'adaptation de la végétation
au milieu.
Par exemple, les plantes halophiles (qui aiment le sel et qui
en ont besoin) et les plantes semi-halophiles (qui supportent une faible
concentration de sel et donc résistantes) forment des ceintures
de végétation, du littoral vers l'intérieur des
terres, et permettent aux plantes "allergiques" à ces
contraintes de se développer plus en arrière.
Toujours côté terre mais si l’on se penche maintenant
sur l’extrême richesse du site, vous remarquerez
que de nombreuses espèces sont également représentées
sur l'île mais plus difficile à observer : le discoglosse
sarde (petit batracien paléoendémique, une sorte d'espèce
relique), le puffin cendré (oiseau marin, devenu rare en Méditerranée
occidentale, qui fait l'objet d'un suivi scientifique sur l'île),
l'épervier d'Europe (rapace en nette progression depuis
1972), le hibou Petit Duc (en régression en raison de la disparition
des gros insectes dont il se nourrit), la tortue d'Hermann (espèce
menacée), et bien d'autres encore...
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PORT CROS COTE MER ...
Là, surtout si l’on aime la Grande Bleue, on
en prend « plein les yeux ».
En passant par le nord de l'île, vous tomberez forcément
sur la plage de la Palud, départ du désormais célèbre
sentier sous-marin.
Aménagé exclusivement pour développer la découverte
du milieu sous-marin, ce sentier est balisé par 7 bouées,
correspondant à des écosystèmes différents
(herbiers de posidonie, matte morte, faille obscure, roches éclairées,
roches émergées, éboulis et galets, trou de bombe
de la Seconde Guerre Mondiale).
Situé
entre le rocher du Rascas et la côte, pas plus de 10 m de fonds
et une zone relativement restreinte : un parcours idéal pour
petits et grands, sportifs ou non.
A travers les différents milieux, vous verrez comme la nature
est bien faite : des organismes adaptés à des conditions
variées telles que l'intensité lumineuse, la nature du
substrat (roche, algues, posidonies, etc.) et l'intensité de
la houle (mode calme ou battu).
Difficile de ne pas s'émerveiller devant la diversité
biologique qui vous assène, c'est un véritable aquarium
et vous vous trouvez à l'intérieur ! Avec les anémones
de mer (la belle tomate aux 200 tentacules), les limaces de mer aux
couleurs chatoyantes, les spirographes avec leur fantastique panache
branchial, les seiches, les célèbres poulpes, les girelles,
les serrans (dont certains son hermaphrodites, mais oui !), les sars,
les rascasses au mimétisme fabuleux, vous ne saurez plus où
donner de la tête…
Les dentis et les corbs, si difficiles à rencontrer ailleurs,
sauf par trente mètres de fond, vous accompagnent ici pendant
la balade. Y a pas à dire, « c’est dingue ».
Et pour les mérous, on verra plus tard et un peu plus
profond (quoi que du côté de la Gabinière, mon rédac’chef
en croise dans 8 à 10 mètres d’eau). Bref, on sort
de l’eau avec des images plein la tête et de temps en temps,
c’est le déclic !
On s’interroge, on réfléchit, on essaie d’imaginer
l’avenir sans ce paradis, on pense à nos enfants…
et l’on finit par se dire : bon sang, il faut tout faire pour
préserver ce morceau de nature. Le public est ainsi amené
à réfléchir à l'impact des activités
humaines sur le milieu marin : de l'herbier de posidonies non altéré
à un milieu dégradé par une bombe de la Seconde
Guerre Mondiale, on est capable de comprendre que, même si le
milieu se restaure, le phénomène est très lent.
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Quelques constatations qui ne
doivent pas nous faire oublier que l'homme est la principale menace
pour l'environnement. Globalement, la visite est plutôt
diversifiée : de la terre à la mer, il n'y a qu'un pas
et tous vos sens seront en éveil.
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